Sombre, sombre mirroir

Sombre, sombre mirroir

La réflexion en systèmes d’information s’alimente aussi des domaines connexes, et une fois n’est pas coutume il me semble important de parler un peu d’une extraordinaire série TV anglaise, en l’occurrence « Black Mirror ».

En trois saisons (plus un épisode bonus hors saison) et 13 épisodes, le réalisateur Charlie Broker explore nombre de facettes dans les dérives probables de l’IT, allant du voyeurisme social (Facebook) aux malwares de dernière génération, en passant par les dérives politiques ou les jeux vidéo. Disons-le tout de go, la quasi totalité des épisodes se terminent mal, à l’exception de ceux qui se terminent très mal, tout cela sans quasiment aucune scène particulièrement violente ou suggestive.

Les thèmes de prédilection du réalisateur s’appuient sur des innovations technologiques pas si délirantes : dans beaucoup d’épisodes, les personnages ont des implants oculaires leur permettant d’enregistrer tout ce qu’ils voient et le stocker indéfiniment – une affaire d’adultère se termine d’ailleurs mal à cause de cela-, et dans un autre épisode la vision des soldats est altérée par le commandement pour leur faire égorger à peu près n’importe qui.

Mais les épisodes qui font certainement le plus froid dans le dos sont ceux de la troisième saison, en particulier le premier et ses dérives des systèmes de notation à la mode des réseaux sociaux (j’aime, je n’aime pas), le troisième (développement du concept de malware et de bot dans le monde humain) et le dernier (dérive des objets connectés qui sont détournés pour commettre des meurtres de masse).

Certes les technologies qui se profilent dans les 10 à 15 prochaines années constituent la base de la réflexion de la série qui pousse beaucoup plus loin la technologie et ses possibilités. Mais certaines dérives sont à notre porte, et il me semble indispensable de visionner les épisodes, juste au cas où, juste pour rester éveillés. Certaines des évolutions utilisées par le scénariste nous sont déjà présentées, de nos jours, comme des avancées en santé : capteurs de type self-quantifying, réseaux sociaux de partages, crowdfunding, etc.

Ah oui j’allais oublier : dans un premier temps, évitez si possible le premier épisode de la saison 1 : il est à la limite du soutenable.

Cédric Cartau

cedric@cartau.net

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